MODE D’EMPLOI DES CHIENDENTS

Notre structure est aussi légère que notre engagement est fort.

Relier puis agir.

Il fallait bien vous soumettre une ébauche de texte : après L’écologie décomplexée, je me suis attelé à cette tâche, avec une question qui m’obsède toujours : comment faire pour que le mouvement des lycéens et des étudiants réussisse ? Ce texte en chantier que vous allez analyser, critiquer, corriger, ou compléter, est, d’une certaine façon, le résultat de 48 ans d’engagements et de découragements, ponctués de quelques victoires et de beaucoup de déceptions. J’ai connu le doute, le découragement, mais je n’ai jamais perdu mon amour de la nature, de ma planète. Et, même après les pires désillusions, j’ai toujours vu renaître mon envie de combattre.

Aujourd’hui, j’aimerais juste être l’ancien, motivé et bienveillant, qui se placera discrètement à vos côtés.

                                       Daniel dit DMOS

Pour commencer je tiens à affirmer que les Chiendents n’appartiennent à personne, pas même à leur initiateur.

La première chose à comprendre c’est que le mouvement des Chiendents vise à créer un flux ; chaque nouveau Chiendent est une goutte qui s’ajoute au flux et le rend plus puissant. Chaque Chiendent est un plant qui cherche à faire naître de nouvelles pousses, sans perdre sa personnalité. Même chose pour les groupes déjà constitués : ils restent eux-mêmes mais ils rejoignent le flux parce qu’ils se trouvent une identité avec les Chiendents déjà dans le flux.

Les jeunes, qu’ils soient Français, Allemands, Belges, Anglais, Suédois,… peuvent se retrouver dans le courant de conscience qui anime les Chiendents. Le but est d’additionner nos forces et de vivre ensemble le combat de la transition. Il n’y a pas un Chiendent supérieur à l’autre, il y a des milliers d’âmes qui aiment passionnément leur planète et s’unissent pour la défendre et défendre leur avenir.

Adhérer à ce flux ne demande ni argent (pas de cotisation), ni carte de membre, ni consentement à une idéologie ; les seules exigences nous nous les imposons nous-mêmes : ce sont l’engagement moral et l’opiniâtreté.

I  PROPOSITIONS POUR UNE ÉTHIQUE DU CHIENDENT

  • La base de réflexion et d’action est L’écologie décomplexée ; si un Chiendent éprouve une réticence par rapport à ce livre il pourra la faire remonter jusqu’à son auteur, Daniel MATHIEU [labesse06@gmail.com].
  • Un Chiendent ne fait rien qui puisse discréditer le mouvement (ex. pas de déclarations irréfléchies, brutales, vides de sens ou haineuses)
  • Un Chiendent, quand il participe au flux ou le représente, ne se réclamera jamais –s’il est encarté-  d’un parti politique ou d’une idéologie ; c’est un devoir éthique vis à vis des autres Chiendents et du flux.
  • Il n’y a pas de hiérarchie dans le flux ; le travail en commun se fait de façon collégiale. Cependant, chaque groupe sera amené à désigner un ambassadeur, celui ou celle qui sera le meilleur porte-parole ; il serait bon que  le groupe soit aussi doté d’un ancien, qui pourra également le représenter, car le flux doit être incarné. Celui qui incarne n’est pas forcément le « chef ». Le mouvement peut s’organiser en sections dans les lycées, les facs,…
  • Cependant, pour éviter le flou, la dilution, le groupe d’origine (les cinq Chiendents varois, par exemple, ou d’autres) pourrait constituer une sorte de point d’ancrage, un capitanat et servir de référent ou de point de convergence pour les autres Chiendents, sans jamais outrepasser ce rôle. Il s’agit d’une prise de responsabilité, pas de pouvoir. Nous n’avons pas le choix : l’Histoire nous montre qu’un mouvement sans tête finit par se dissoudre ou tomber dans la dissension au moment où les ambitions se révèlent.
  • Pour éviter les problèmes de financement et donc de dépendance, le mouvement reste informel et ne cherche pas à se solidifier (matérialiser) en association, groupement, institution,…
  • Notre conviction doit nous aider à combattre, sans nous faire tomber dans l’intolérance ; hormis les CRABES*, tout citoyen peut devenir un allié. Il importe de l’attirer vers la coaction et la coconstruction. Nous cherchons à développer l’esprit de coopération à l’inverse de l’esprit de compétition qui a pris le dessus dans tous les domaines de la vie humaine.
  • Le mouvement des Chiendents doit rester difficile à circonvenir pour les décideurs et politiciens hostiles (d’où pas de carte, pas d’adhésion payante, pas de déclaration en préfecture,…) ; il doit rester terriblement résistant (d’où l’idée d’un « adhésion » désirée, avec un contrat d’engagement à durer que chaque Chiendent se signe à lui-même) ; Il doit rester d’une souplesse qui décourage les idéologies (d’où la nécessité de fonctionner dans la modestie –ce qui n’exclue pas la conviction- et de se réactualiser à chaque fois que nécessaire).
  • Avant de s’exprimer un Chiendent travaille, réfléchit, consulte le flux.

*CRABES : Voir L’écologie décomplexée.

II  LES ÉTAPES DE L’ACTION

Si le projet Chiendents vous plaît, prenez le temps de lire L’écologie décomplexée, histoire de vérifier votre affinité avec nous.

Dès que vous vous sentirez Chiendent, créez (s’il n’en existe pas) ou rejoignez le groupe de votre lycée, de votre fac, de votre bureau,…

Ensuite, contribuez à l’élaboration de ce mode d’emploi, qui, loin d’être un code rigide pourra évoluer selon les propositions des Chiendents ou les changements dans la situation environnementale.

Notre souci c’est l’efficacité, sinon à quoi bon s’agiter, et cela suppose un ordre dans la démarche et une certaine capacité à prendre son temps (les décideurs n’ont -presque- rien fait pendant quarante ans, nous pouvons nous accorder un délai pour aboutir à notre dernière étape).

Nous sommes devant un paradoxe puisque nous sommes confrontés à l’urgence mais obligés de ne pas tomber dans la précipitation.

Nous pourrions nous donner des objectifs, des ambitions…

  • Étudier, s’intéresser

L’écologisme, la défense de l’environnement supposent d’être informé et de posséder un minimum de savoir : il faut donc étudier, avec un esprit critique et exigeant, à la fois seul et en groupes (mettre en place une division du travail).

Il y a des humains qui ont soit étudié l’environnement soit une connaissance de terrain : il est judicieux de s’intéresser à eux, de connaître ce qu’ils ont à dire (botanistes, paysans, guides de montagne,…).

  • Transmettre, convaincre

Une fois passée la phase 1, vous devriez posséder le bagage minimum et la conviction nécessaire pour transmettre l’esprit des Chiendents ; c’est un travail qui demande de la patience et d’avoir mis de l’ordre dans son esprit, car tout le monde n’est pas ouvert à l’esprit de la mutation écologiste.

Le but étant de convaincre, l’idéal serait d’exprimer votre passion d’une façon souriante, avec la confiance dans votre savoir. Vous rencontrerez des contradicteurs dont certains –comme des hommes politiques- sont rompus à la polémique et peuvent vous mettre en difficulté. Ce n’est pas la fin du monde : en cas d’expérience difficile, parlez-en avec d’autres Chiendents, retravaillez vos connaissances. Vous ne serez pas le (la) premier (-ère) qui se fait désarçonner par un monsieur jesaistout, mais vous êtes un Chiendent : même passé au roundup vous repoussez.

N’oubliez pas : même si les constats sont inquiétants et parfois terrifiants, l’écologisme est une approche positive du monde et cherche à communiquer la joie que peut constituer l’action pour améliorer la planète.

  • Protester, se rebeller

Un Chiendent n’est pas un gentil toutou qui va se contenter de faire pousser ses tomates grappe sur son balcon. Le but du mouvement est de rompre l’immobilisme des CRABES. Les Chiendents doivent réaliser que, en tant que futurs gestionnaires de la planète, ils ont une légitimité à ne pas vouloir de l’avenir qu’on leur prépare, et un intérêt évident à exiger les mutations qui leur garantiront le maintien d’un minimum de bien-vivre.

Cela suppose des actions non virtuelles, qui exposent inévitablement à un certain nombre de dangers (voir Chap.III) ; il est souhaitable que les Chiendents travaillent régulièrement sur ces aléas et les stratégies d’évitement.

  • Organiser, élaborer

Il ne suffit pas de faire fléchir les CRABES ; il faut pouvoir proposer des pistes pour la mutation. Cela suppose un vrai travail de réflexion et de consultation (par exemple approcher des PME qui ont beaucoup à apporter dans ce domaine, des agriculteurs,…). Les solutions ne viendront pas d’un seul homme éclairé ou d’un parti providentiel, mais plutôt de groupes qui sauront conjuguer leurs compétences diverses et confronter leurs différences. Cela paraît simple ; chaque page d’Histoire nous rappelle que ne n’est pas le cas.

III  LES CHIENDENTS C’EST QUOI ?

Jusqu’à présent les jeunes n’existent pas dans le débat public, alors que les politiciens en ont plein la bouche dès qu’ils veulent se faire mousser. Le flux est là pour les faire exister.

Les Chiendents c’est  un flux qui traverse toutes les organisations, écologistes ou autres. Il ne cherche pas à se substituer à tous les groupes ou associations qui oeuvrent sur le terrain, au contraire, il vise juste à leur offrir un outil de mise en commun, une sorte de canal d’expression et d’action à une autre échelle, qui ne remplace pas leur précieux travail de terrain. On peut, sans la moindre distorsion, être un colibri chiendent ou un membre de la fondation Hulot chiendent et même un encarté politique chiendent (mais on laisse sa carte à la maison).

Ce mouvement s’adresse d’abord aux jeunes générations, pour autant, il ne refuse pas la participation des aînés, à condition qu’ils acceptent l’éthique des Chiendents. Nous, les aînés, devons nous tenir à la disposition des jeunes Chiendents ; en aucun cas nous ne devons leur voler ce combat qui est avant tout le leur.

IV  COMMENT S’ORGANISER ?

    Pour éviter de se scléroser le mouvement des Chiendents doit éviter à tout prix de se figer dans une structure associative avec un président, un vice-président, un trésorier, un commissaire aux comptes, un secrétaire, etc.

Malgré tout, ce mouvement ne peut exister sans un minimum de personnes référentes. Voici mes propositions : quand un groupe se crée dans un lycée, une fac ou autre, il désigne un chef de séance (différent) à chaque réunion jusqu’à ce qu’il trouve, parmi ses membres, celui-celle qui a une connaissance suffisante des dossiers et une capacité de s’exprimer en public. Il-elle sera l’ambassadeur du groupe et à ce titre –avec l’assentiment du groupe- le représentera et pourra mener les réunions.

D’autre part, il serait bon que les groupes se trouvent un ancien, un adulte qui aura les qualités requises pour les aider, les soutenir, servir de médiateur au besoin, de « casque vert ».

Enfin, chaque groupe désignera un ou plusieurs « relationneurs », qui auront la charge de répondre aux questions ou sollicitations venant de l’extérieur, et la charge d’entretenir les contacts avec les autres groupes.

EN RÉSUMÉ : un groupe de Chiendents, ce serait…

Un ancien

Un ambassadeur (ou plus selon la taille du groupe)

Un ou plusieurs relationneurs

Des membres, qui sont tous diffuseurs et moteurs de réflexion.

    V  QUELS DANGERS MENACENT LES CHIENDENTS ?

Ce mouvement, qui se veut ouvert, citoyen mais apolitique, accessible à toutes les intelligences et bonnes volontés, sera inévitablement –s’il connaît quelque succès- soumis à un certain nombre de risques tout à fait mortels.

La récupération

  • par des mouvements, associations ou partis divers, ce qui réduirait notre portée d’action, notre capacité d’impact
  • par des politiciens, ce qui nous collerait une étiquette et nous réduirait à une idéologie
  • par la puissance médiatico-économique, ce qui nous rendrait suspects ou inoffensifs

La désinformation

Si les Chiendents connaissent des succès et font des jaloux ou des inquiets, il y a fort à parier qu’on essaiera de les discréditer ; rien de neuf sous le soleil, déjà Beaumarchais, au 18ème siècle,  dans Le barbier de Séville (acte II, scène 8) vantait, de façon ironique, les mérites de la calomnie. Aujourd’hui, la calomnie, l’information toxique ou la réfutation sans fondements trouvent des canaux pour s’exprimer sans la moindre retenue.

On ne peut les affronter qu’en les dédaignant, en rendant perceptible sa conviction et en offrant aux autres une solide connaissance de son sujet. Inutile de rentrer dans le jeu de la polémique, de la dénégation ou du démenti : cela renforce, en général, l’idée que les menteurs ont déniché quelque chose.

Si l’on doit s’exprimer officiellement, autant chercher à démonter les rouages du mensonge, à faire apparaître les intérêts qui ont commandé l’usage de la rumeur infondée.

La personnalisation

    L’auteur de L’écologie décomplexée n’est qu’un lanceur pour la fusée Chiendents, un passeur, un relationneur peut-être un stimulateur. En aucun cas, il n’est un gourou, un omniscient, un extralucide, et il s’effacera dès qu’il n’aura plus rien à apporter au flux ; cela vaut pour tous ceux qui adhèreront mentalement au mouvement. Les Chiendents auront besoin d’ambassadeurs, pas de napoléons verts.

    Notre objectif dépasse notre petite humanité individuelle, il n’y a donc pas de place pour les autocrates et les vedettes.

    Ceci dit, il va falloir de la vertu aux Chiendents qui vont incarner le flux, parce qu’une armée de « chasseurs » vont leur tendre le miroir aux alouettes ; Greta Thunberg ou Adélaïde Charlier vont être très vite confrontées à un redoutable maelström dans lequel elles risquent de perdre leur autonomie, leur spontanéité, leur lucidité. Elles ne passeront à travers cette épreuve qu’à deux conditions : soit elles ont une telle force de caractère qu’elles résisteront au Moloch ; soit elles sont suffisamment bien entourées pour que des bras amis les empêchent de tomber dans le piège qui leur sera tendu.

Le dessèchement

    Sans cadre de travail, sans renouvellement des savoirs, sans actions pratiques, sans réalisations effectives, les Chiendents sècheront sur pied [phénomène interne].

La perte de substance

    Après un effet de mode, les Chiendents, comme le zest d’un citron vidé de sa pulpe ne serait plus qu’un rebut inutile, le terme même n’étant plus qu’un mot vide de sens [phénomène externe].

    On ne devient pas Chiendent parce que ça fait « chic » ; l’action d’un Chiendent s’inscrit dans la durée, il est conscient que les réussites, les victoires éventuelles, ne pourront résulter que d’un travail d’usure.

La dispersion

    Notre objectif n’est pas de régler tous les problèmes du monde ; si nous parvenons à faire bouger la masse inerte qui bloque la mutation que nous désirons, ce sera déjà très bien. Laissons donc les problèmes de procréation assistée ou de géopolitique à d’autres. Le champ de l’environnement est déjà tellement vaste…

La non-coopération

    Qu’est-ce que c’est ces Chiendents ? Je me décarcasse déjà dans mon association, je ne vais pas rejoindre un nouveau truc !

    Si nous pensons comme cela nous sommes morts car les Crabes continueront à déchiqueter le monde et nous à regarder nos « concurrents » écologistes avec suspicion. L’avantage des Chiendents est que son flux ne vient pas envahir les plates-bandes de ceux qui se décarcassent déjà, il se propose de les cimenter, quand c’est possible, dans une conviction et certaines actions.

La sclérose

    Le mouvement doit rester vivant, ce qui suppose de se remettre parfois en question, d’évoluer selon les évolutions du monde, de renouveler les rôles dans le mouvement, de rafraîchir ses savoirs et de savoir écouter ceux qui pensent différemment de nous.  

La violence

    Le mouvement des gilets jaunes s’est heurté au problème des groupuscules violents, des agitateurs professionnels. Peu importe qu’ils soient venus de l’extrême droite, de l’extrême gauche ou de provocateurs mandatés ; les Chiendents devront inventer des modes d’actions irrécupérables pour la violence obtuse, délinquante ou idéologique. Toute manifestation en mouvement, à défaut d’un service d’ordre interne particulièrement efficace, est une proie facile pour les trublions. Et rien de mieux pour discréditer un combat légitime ! C’est un élément qu’il ne faut jamais perdre de vue quand on veut organiser une manifestation.

Le délire

    Pour agir nous utilise(r)ons la toile, outil de communication exceptionnel mais aussi réceptacle du grand n’importe quoi des allumés du Net. Nous avons donc à éviter le piège tendu par les réseaux sociaux où les pensées les plus délirantes -et parfois les plus écoeurantes- s’affichent sans filtre. Le mouvement des Chiendents peut être « aspiré » par cette folie verbale dans laquelle dominent l’irrationnel (notamment le complotisme), l’irréflexion, le défoulement.

La naïveté

Comme je l’ai été par des expériences assez amères, vous devez vous vacciner contre l’angélisme, le risque de croire les belles paroles, les promesses vides, les velléités de décideurs qui, sans conviction profonde, retourneront après-demain à leur train-train libéral.

Vous n’êtes pas des babas cools, des petites girouettes, vous êtes des gens intelligents, réfléchis et décidés : poussez ces interlocuteurs dans leurs retranchements, balayez la poudre qu’ils jettent dans vos yeux, décomplexez vous vis-à-vis de leur babillage technique et suffisant (ils en savent bien moins que les fonctionnaires qui élaborent leurs dossiers).

La démotivation

    Les résultats ne sont pas toujours rapides, les résistances sont nombreuses et solides, c’est pourquoi un Chiendent s’engage avec l’amour de la planète chevillé au corps et inscrit son engagement dans la durée. L’eau use bien la roche, les chiendents peuvent bien reverdir la Terre !

La manipulation

    Deux choses peuvent arriver : d’abord, les Chiendents peuvent être infiltrés. Risque mineur, mais on ne sait jamais. Si nous sommes assez coriaces, si nous respectons notre ligne de conduite, l’effet de ce corps étranger sera insignifiant. Il est bon d’être vigilant, sans céder à la paranoïa.

    Ensuite, et c’est bien plus redoutable, les Chiendents peuvent être approchés par une personne sympathique qui leur proposera de les soutenir, de leur offrir des moyens pour leur lutte et qui, en fait, sera l’émissaire d’une entreprise ou autre à la recherche d’un green washing, d’une caution pour un produit vert et que sais-je encore. L’avenir nous dira si les jeunes et  sympathiques leaders qui émergent aujourd’hui seront l’objet de ce type de manoeuvres. Il ne faut pas sous-estimer ce risque d’une « corruption douce ».

La dissension

    Vous connaissez la formule Diviser pour régner : il faut s’attendre à ce que l’unité du flux soit attaquée. Soit par un effet interne (désaccords intellectuels, ambitions qui se révèlent, …) soit par un effet externe (suite à un travail de sape de l’infox, des calomnies, d’appels à rejoindre d’autres mouvements, …). Voilà pourquoi le flux doit être à la fois structuré et souple, toujours prêt à une réflexion collective et à des remaniements dans les groupes, pour renouveler les fantassins usés par le combat et envoyer des troupes fraîches à l’assaut.

La décrédibilisation

    Il ne faut pas rêver : vous aller rencontrer des adversaires redoutables. Certains vous attaqueront frontalement mais d’autres seront bien plus vicieux. Une de leurs plus vieilles méthodes c’est de décrédibiliser les gens qui les gênent ; voilà pourquoi les Chiendents doivent créer un flux intellectuel dans lequel les informations, les savoirs et les réflexions s’échangent. En général, l’honnêteté intellectuelle et la connaissance de la matière environnementale réduisent l’impact de ce genre de manœuvre.

L’éparpillement

    Il est évident -et c’est heureux- que vous brûlez d’agir ; vous avez envie de créer un mouvement, conforme à vos aspirations et au créneau environnemental qui vous paraît essentiel… La démarche est louable, l’effet n’est pas garanti : d’abord c’est ignorer des associations bien implantées qui mènent le même combat, auxquelles vous pourriez apporter votre énergie ; ensuite, vu de l’extérieur, cela donne, des défenseurs de la planète, l’image d’une armée en désordre, généreuse mais brouillonne. Tous ceux qui nous sont hostiles se serviront à coup sûr de cette impression d’éparpillement pour nous contrer. Investissez vous dans le « local » et, pour une plus grande échelle, cherchez à vous relier aux autres Chiendents.

VI  QUELQUES IDÉES EN VRAC

Si, dans nos actions, nous en restons aux modes classiques nous serons avalés puis digérés par le Moloch. Un principe pourrait nous guider quand nous envisagerons des actions, c’est de dérouter le monstre.

Les manifs, il connaît, il sait comment les assimiler. Les pétitions ça lui reste un peu sur l’estomac mais il finit par les faire passer (la surenchère de pétitions aide à ses digestions, malheureusement). Des actions totalement inattendues (sacré boulot d’en inventer) pourraient lui donner une colique du diable parce qu’il ne pourrait pas utiliser ses remèdes habituels. Par exemple, pour une manif il a ses petites pilules classiques ; envoyer la police contre la « chienlit », infiltrer les groupes pour les faire déraper, monter en crème l’indignation des citoyens et des commerçants dérangés, envoyer ses journalistes chiens de garde pondre des articles assassins, etc. Pour une pétition assez réussie, il organise une concertation bidon, il annonce des mesures pour jouer la montre, il va agiter le martinet avec les menaces pour l’emploi, la compétitivité, etc.

En  revanche, comme on l’a vu dans des pays nordiques, un millier de personnes qui se baladent à poil sur un vélo, il ne sait pas trop comment mastiquer ça (perso, je ne sais pas si je suis mûr pour ce genre de happening).