Article corona

               L’épreuve du confinement que nous traversons est difficile à vivre, comme le seront les conséquences de cette crise. Pour autant, leur impact sans précédent peut constituer un formidable outil de changement collectif. C’est l’occasion de remettre en cause un certain nombre de dysfonctionnements de notre société.

              Concernant le bétonnage de notre territoire et l’artificialisation de nos sols, la crise du covid-19 a le mérite de déclencher trois sirènes d’alarme :

              La première concerne la transmission à l’homme de l’épidémie par une espèce animale non identifiée. De nombreux épidémiologistes nous alertent sur le fait que l’extension urbaine entraîne une forte réduction des espaces libres : la faune, ne trouvant plus ni abri, ni nourriture, interagit avec l’espèce humaine. Porte ouverte à la propagation de virus. Continuer à favoriser l’exode rural et l’étalement urbain constitue une impasse sanitaire.

              La deuxième alarme concerne le développement de cette maladie pulmonaire. Tout concourt à affaiblir nos organismes et à favoriser la transmission des virus : les déplacements quotidiens, générateurs de particules, que l’étalement des villes rend inévitables ; la disparition d’espaces végétaux qui pourraient servir de filtres ; l’impact sonore de cette circulation incessante. L’actuelle baisse du trafic routier nous permet d’apprécier la qualité de l’air et du silence…

              La troisième alarme concerne notre approvisionnement alimentaire. Nous pouvons constater que le système de production concentré sur des zones hyperspécialisées et souvent dans des pays lointains, montre ses limites. Si nous ne voulons plus revoir les récentes scènes d’émeutes alimentaires dans les supermarchés, il serait bon de maintenir une agriculture de proximité et des circuits courts, donc de préserver les terres cultivables.

              Partant de là, on peut espérer que notre passage par la case covid-19 débouche sur une remise en question de notre organisation collective (productions, déplacements…), que la lutte contre l’artificialisation des sols sorte de la dimension locale pour devenir un enjeu de société à part entière et une clé de notre résilience commune.

Jean-Claude Robert, Filière Paysanne, partenaire Chiendents

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