Le paysan et le climat

    Six longs mois de pluie quasi incessante, puis, ces dernières semaines, un fort vent d’est ultra desséchant, bétonnant littéralement les sols, donc très peu propice à la pousse, ont été le lot des agriculteurs de l’ouest de la France.

    Si je me permets d’exprimer cela c’est pour montrer combien nous, paysans, sommes dépendants de la nature. D’autant plus que nous constatons un durcissement des conditions météorologiques qui semblent aller vers des extrêmes ; et pourtant nous apprenons sans cesse à nous adapter aux cycles, aux saisons, aux aléas, avec souvent un sens inné du meilleur choix.

    Bref notre métier, relié au vivant, est et restera interdépendant de dame Nature. Seulement, il y a une autre difficulté, et pas la moindre, qui provient des humains, en tout cas de leur choix : nous, paysans, ne sommes pas protégés dans ce monde ultra libéral de mondialisation des échanges,

    La puissance sous toutes ses formes dans les mains de la finance et des spéculateurs, même pas punis ! C’est pour cela que depuis 50 ans environ, la valeur du fruit de notre travail s’effondre progressivement.

    Pour ajouter à la problématique, nos décideurs, après la guerre, ont choisi un productivisme destructeur : à cette époque les choses étaient simples : avec l’agrochimie vous vivrez mieux dans vos fermes ; aux oubliettes tout le savoir agronomique de bon sens acquis au fil des siècles. Voilà en partie pourquoi le monde paysan a commencé à disparaitre, en nombre, culturellement, en qualité de savoir, la liste peut être longue…

    Depuis plusieurs années maintenant, des paysans, des agronomes, et toutes celles et ceux qui désirent un autre modèle en harmonie avec le vivant, pratiquent, apportent conseils, soutiennent une agriculture nouvelle, et nous découvrons, je redécouvre personnellement, qu’il est bien bon d’être ami de notre terre.

    Et ne nous trompons pas de cible. Il y a la nature toujours fidèle à elle-même, nous humains à l’œuvre et un système que nous subissons aujourd’hui : la dictature du progrès sans doute… Sauf qu’il y a la vie…et sans elle point de salut.

    Unissons-nous. 

 

Pierre, paysan dans le Cotentin

Cet article a 1 commentaire

  1. GODEFROY

    J’avais fait un commentaire, mais le système l’a mangé. Trop long a refaire.
    Une autre fois peut être.

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