Jugez vous-mêmes 01-02-2021

            Des gens plus qualifiés que moi nous ont alerté sur la disparition des espèces animales et végétales ; j’ai, sur le sujet, une philosophie bien arrêtée depuis belle lurette, que j’ai synthétisée dans le syndrome du dodo-nauru (voir L’écologie décomplexée).

              J’aimerais juste y ajouter un exemple de l’indifférence de certains hommes quant à la biodiversité et la vie animales à travers le mythe de Buffalo Bill.

              Quels sont les hauts faits de ce chasseur à la gâchette facile ? Ses biographes parlent de « vie aventureuse » à partir de ses quatorze ans -comme beaucoup d’Américains de l’époque, notamment comme éclaireur dans les guerres indiennes. Soit.

              Ensuite, hormis un duel avec Bill Comstock à coups de bisons (gagné 69 à 48, match sur une journée), William F. Cody s’est couvert de gloire en fournissant de la viande aux employés de la Pacific Railway.

              Il a mérité son fameux sobriquet en abattant des milliers de ces tranquilles bovidés qu’on appelle bisons, contribuant ainsi, avec beaucoup d’autres, à ramener le nombre de ces dangereux ruminants de soixante millions (1800) à moins d’un millier (1890). Si ce n’est pas de l’efficacité…

              Enfin, Buffalo Bill fit la preuve de sa fibre sociale en offrant un emploi aux indigènes, leur faisant jouer dans le spectacle de son Buffalo Bill’s Wild West Show, leur propre génocide.

              Je conclurai sur l’expression d’Éric Vuillard dans Tristesse de la Terre, qui définit B.B. comme « un héros d’opérette » ; j’ajouterai « et un contributeur exemplaire à la quasi extermination d’une espèce animale ».

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